Extrait du livre " Portraits Croisés " réalisé dans le cadre des 20 ans du CEFR de Toulouse.


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« C’est une sénatrice des Français à l’étranger qui m’a mise en lien avec le CEFR à mon retour en France en 2007 avec mes deux enfants. »

« Je suis restée au CEFR de Toulouse 9 mois. Étant kinésithérapeute et ostéopathe, j’ai aujourd’hui réussi mon projet en ayant ouvert mon cabinet tout en restant à l’hôpital. Neuf mois après mon arrivée, j’ai donc quitté le CEFR. Olivia, Laurent et Benoît, mes accompagnants sociaux du CEFR, m’ont aidée à trouver un appartement à cent mètres de mon lieu de travail. Ils assuraient mon déménagement. Je voulais sortir vite du CEFR car l’aide sociale ce n’est ni dans ma culture, ni dans mon éducation. Je peux dire que je suis une privilégiée. »

« Le retour est pénible voire violent. Physiquement, on y laisse des plumes, il fallait tout recommencer à 43 ans ! Le CEFR m’a offert un cadre pour effectuer plus sereinement ce travail de reconstruction et m’a permis de prendre le temps d’orienter au mieux le parcours de vie que je souhaitais. Les équipes du CEFR sont supers, non seulement elles sont professionnelles mais en plus, elles y mettent du cœur ! »
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« On est arrivés en France le 19 décembre 2005 et deux jours après, nous avons intégré l’établissement  de Toulouse. Je viens du Paraguay où j’ai suivi mes parents. Je me suis mariée et j’ai deux enfants. J’ai toujours travaillé à l’Alliance française et mes enfants ont fréquenté l’Ecole française. C’est après le baccalauréat que le consul de France, voyant ma situation financière se dégrader, m’a proposé le rapatriement en France. »

« Nous sommes restés un an au CEFR. Six mois après mon arrivée, j’ai trouvé du travail auprès des personnes âgées par le biais d’une directrice d’association d’origine espagnole. Elle m’a pris huit mois à l’essai auprès des personnes âgés parlant espagnol. Pendant cette période, j’ai appris le français grâce à la lecture et à la télévision. C’est à ce moment que j’ai demandé à travailler auprès des personnes âgées qui parlent français. Elles m’ont aidé à me perfectionner. J’ai par la suite passé mon diplôme d’Etat d’auxiliaire de vie, que j’ai obtenu, et j’ai changé d’employeur. Nos diplômes acquis à l’étranger ne valent rien ici. On reste étranger, il faut donc avoir de la volonté et refuser d’être assisté. »

« Notre projet, c’est de travailler jusqu’à la retraite en faisant des économies pour la complémentaire. Je suis fière de mes enfants, le garçon est informaticien à Paris et ma fille étudie le commerce international à l’Université de Bordeaux. »
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 « J’ai fait des efforts à l’école car je ne comprenais pas le Français. C’était horrible de ne rien comprendre, de ne pas pouvoir s’exprimer. Je ne savais dire que “ oui ”. »
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« Etre Français rapatrié, c’est un privilège. Le CEFR nous a donné l’opportunité de pouvoir rebondir. »

« Je suis le premier Arménien à être arrivé à Toulouse, le 24 juillet 1993. On est restés 6 mois à Vaujours [Centre d’accueil et de transit du CEFR situé en Ile-de-France] car nous étions nombreux : toute ma famille représente 20 personnes. Je ne connaissais pas la France. C’est mon père qui me l’a décrite, il y avait vécu jusqu’à ses 20 ans. Il rêvait de revenir en France pour y finir sa vie. J’ai pu lui permettre de réaliser ce rêve et on est rentrés après la chute de l’Union Soviétique. Il est finalement décédé en France, comme il le souhaitait. Ce qui m’a choqué et ce que je n’ai pas accepté à mon arrivée, c’est qu’ils nous ont séparé ; une partie de ma famille à Angers, une partie à Bordeaux et nous à Toulouse. Cette séparation m’a été très difficile. »

« Si vous avez besoin de moi au CEFR, je peux être utile et être un grand bénévole. »
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« Ma famille est arrivée le 24 août 2004 à Vaujours où elle a passé une semaine avant d’être orientée à Toulouse. Rapatriés du Vietnam par le ministère, nous avons fait le choix de prendre le risque d’aller vers un autre pays après 3 ans de réflexion. Mes grands-parents vivaient à Paris et mon oncle nous a parlé du CEFR. C’est une chance d’avoir la double nationalité et de pouvoir s’offrir un avenir meilleur. Pour mes parents, ce départ repose sur notre réussite scolaire, à mon petit-frère et moi-même. »

« Nous avons été bien accueillis et le CEFR nous a aidé à financer huit mois de formation en français à l’Alliance française pour dépasser le handicap de la langue. Ma mère a réussi à trouver un travail dans la couture et mon père est employé à Mega Hertz, sous-traitant d’Airbus. Après un an de prise en charge, nous sommes devenus propriétaires et l’on vit convenablement à Toulouse. Notre grand-mère était pharmacienne et notre grand-père gynécologue. Moi, je me contente de mon niveau de BTS car j’ai passé du temps à faire la traductrice pour la famille. »

« Mon frère quant à lui continue ses études. Il est attiré par l’architecture et le contrôle aérien. Dix ans après son arrivée, à l’âge de 4 ans, il ne parle plus vietnamien mais le comprend seulement. »

« Le CEFR a continué un certain temps à nous aider, à se repérer dans le circuit administratif français. Sans le CEFR on se serait retrouvés dans un studio, à Paris, à quatre. Le CEFR nous a rassuré, soutenu et encouragé au moment où je découvrais le pays et le collège français. Ma scolarité, jusqu’au BTS en Négociation Relation Client, a été un jeu de compromis et une série de débrouilles avec les copines, elles-mêmes étrangères. Encore aujourd’hui, quand je ne comprends pas, j’appelle le CEFR au secours. Il nous a aidé non seulement pour le logement et le travail mais il nous a aussi apporté une stabilité psychologique dans un pays que l’on découvrait et dont l’hostilité nous faisait peur par moment. »
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« Partir, c’est choisir. Choisir, c’est renoncer. On a fait le choix de partir car notre vie a basculé et il fallait partir et accepter un nouveau destin. On a pris ce pari, on a rejoint la mère patrie »

« Arrivés en France dans la famille, un parent qui est passé par le CEFR, nous étions à la dérive. Il fallait tout recommencer, tout réécrire. Une situation nouvelle et inconnue qui m’a tétanisé. À mon âge, 64 ans, je dois rendre des comptes, pointer à Pôle-Emploi, vivre avec 270 euros et me rendre à 7 heures du matin aux Restaurants du cœur. Du statut de hauts fonctionnaires, nous sommes devenus des cas sociaux. »

« Le CEFR nous a soutenu pour remonter la pente. On a découvert un CEFR humain, très à l’écoute, qui nous a aidé également à relever du droit commun. Notre reconnaissance à l’égard du CEFR se traduit par notre témoignage même si cet exercice est une véritable saga. »
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« Nous sommes rentrés en France le 21 octobre 2004, par nos propres moyens, en provenance d’Algérie. Nous sommes passés par Beauséjour, je voulais dire Vaujours [rires]. Les événements d’Algérie nous ont poussé à faire un choix dans l’intérêt de nos enfants et de leur avenir. C’est pour eux que nous sommes partis. »

« Nous sommes arrivés avec deux valises à la main. Notre arrivée fut une véritable galère : on est d’abord passés par le 115 [Hébergement d’Urgence de Toulouse] avant de vivre à l’hôtel durant un mois, jusqu’à ce que l’on rencontre l’équipe du CEFR. Lors de notre première rencontre, le directeur était en vacances et son équipe l’a malgré tout dérangé. Il a accepté de nous parler, a compris notre détresse et nous a promis de faire tout son possible pour nous aider. Cette galère fut une tranche de vie qui a pu être surmontée grâce au suivi direct et rapide du CEFR. »

« On a tout recommencé à zéro et le CEFR nous a pris en charge durant neuf à douze mois en nous aidant dans notre installation, et, bien sûr, dans la scolarisation de nos enfants. Quant au reste, nous étions assez autonomes pour le faire nous-mêmes. Au CEFR, nous avons bénéficié d’un soutien psychologique, d’une écoute et de relations conviviales. Pour des naufragés partis à l’aventure laissant tout derrière en quête d’un avenir meilleur pour leurs enfants, il est indéniable que le CEFR représente une aide essentielle. Pour tout vous dire, à chaque fois qu’on ressortait d’ici, on repartait requinqués ! » 
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« J’étais de formation ingénieur des mines et je dirigeais une école à Bouaké. Rapatrié suite aux événements de la Côte d’Ivoire, le 14 novembre 2004, en pleine nuit… c’est le choc thermique, on passe de 24°C à 4°C ! A notre arrivée, nos droits ont été ouverts à l’aéroport et le CEFR nous a hébergé deux nuits à l’hôtel Ibis de Roissy avant de nous orienter à Toulouse, tel que nous l’avions souhaité, en compagnie de 50 autres personnes se trouvant dans la même situation que nous. »

« Arrivés à Toulouse, nous avons été bien accueillis et hébergés dans un premier temps au lycée Saint-Exupéry. En l’espace de quinze jours, on a intégré notre logement. Pour vous dire les choses précisément, nous sommes arrivés le 16 du mois et quatre jours plus tard, le CEFR a scolarisé nos enfants, une fille de 18 ans alors en bac STG et un garçon de 13 ans. »

« Le plus dur a été d’accepter la perte de ce qu’on avait en Côte d’Ivoire et de faire le deuil d’une situation perdue. Nous avons été pris en charge par le CEFR durant 6 mois et cela nous a été énormément utile. Ils nous ont soutenu et aidé pour notre installation matérielle et administrative… Des gens charmants, disponibles et à notre écoute. »

« Aujourd’hui, je donne des cours de maths, physique et chimie à Acadomia. »
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